Pour un développement durable de Rhône-Alpes : rapport d’étape 2008
mercredi 8 juillet 2009 par Georges SUZAN
Le rapport d’étape qui nous est présenté aujourd’hui est, par sa richesse et sa transversalité, le témoignage de l’engagement sincère et concret de la Région Rhône-Alpes en matière de développement durable.
Pour 2008, ce rapport s’est encore épaissi, crise oblige, mais c’est aussi une volonté politique de l’exécutif de faire de Rhône-Alpes, une écorégion certes, mais également une région solidaire, durable et citoyenne.
Le développement durable, avec tout ce qu’il implique, c’est-à-dire plus de justice sociale, un véritable progrès humain et le respect de l’environnement, est une préoccupation majeure pour tous les citoyens. Une préoccupation grandissante car si le développement durable vise à conjuguer le plus harmonieusement possible les champs économiques, sociaux et environnementaux, il n’est pas nécessaire de regarder très longtemps autour de soi pour constater que nous traversons en réalité une crise du développement durable.
L’opinion publique réalise peu à peu les dégâts qu’engendre la logique productiviste véhiculée par le capitalisme mondialisé : inégalités sociales accrues, précarité de l’emploi, chômage, pillage des ressources planétaires, gaspillage des biens, pollutions massives, scandales financiers, j’en passe car la liste est longue et le travail immense pour tenter de panser les plaies béantes d’un capitalisme qui ravage un peu plus chaque jour la planète.
Panser les plaies, c’est précisément ce que nous tentons de faire, à l’échelon régional, en menant, étape par étape, secteurs par secteurs, des actions innovantes et réalisables. C’est un travail de fourmi, mené par notre Région et l’on ne peut que se féliciter de voir que parmi les 110 actions phares de développement durable présentées dans ce rapport, nombre d’entre elles touchent à la qualité de l’emploi, à l’insertion des jeunes, aux personnes en situation de précarité, à l’éducation et à la formation, aux transports, et voit plus loin que la seule dimension strictement écologique (même s’il s’agit d’une question cruciale), à laquelle le concept de développement durable est souvent réduit.
On peut donc saluer particulièrement certaines mesures phares comme la création des CARED et DEFC pour le développement, l’accès à tous et la durabilité de l’emploi ; l’organisation des rencontres régionales citoyennes qui permettent d’intégrer une démarche de démocratie participative dans tous les champs comme celles sur la pauvreté/précarité qui ont rencontré un franc succès ; la création des CCDRA afin d’intégrer le développement durable dans tous les projets de territoire, de l’action culturelle au développement de la gouvernance ; le développement des transports en commun comme alternative à la voiture avec le cadencement des dessertes TER, en concertation avec les comités de ligne.
Comme je le soulignais précédemment, c’est un travail de fourmi et l’ampleur de l’urgence planétaire et de la crise que nous traversons doit nous imposer recul et modestie et nous pousser, non seulement à poursuivre notre action mais à l’amplifier. Nous ne pouvons être satisfaits lorsque l’on constate à quel point notre monde marche sur la tête. Le groupe des élus communistes propose d’aller plus loin, comme l’urgence nous l’impose, et d’agir davantage en rupture avec le modèle capitaliste d’une croissance productiviste et financiarisée.
Aller plus loin c’est tendre à un autre modèle de développement, qui soit à la fois social, durable et citoyen. Or ce modèle ne peut se construire au sein des logiques qui prédominent actuellement dans une société guidée par l’économie de marché. Rentabilité, profit, spéculation, rendement sont les fondements d’une croissance, qui même lorsqu’elle se dit verte, ne parvient pas à dépasser ce modèle productiviste et inégalitaire.
Les élus communistes prônent un développement humain durable, c’est-à-dire, vigilant de toujours maintenir l’Homme au cœur de ses priorités et de ses choix. Pour une croissance saine fondée sur la réponse aux besoins. Croissance des biens et des services socialement utiles et respectueux de l’environnement et décroissance des productions dévastatrices socialement ou écologiquement. Déterminer ce qui relève de l’une ou de l’autre catégorie implique un véritable débat démocratique. Mais la croissance n’est pas la seule condition au développement de l’homme, Le développement, renvoie à la capacité de répondre de mieux en mieux aux besoins sociaux, aux besoins des personnes, à l’harmonie des territoires et à l’avenir de la planète. Pour les élus communistes, le concept de développement durable doit s’abstraire de la logique capitaliste dans laquelle il a tendance à se délayer, pour ne devenir plus qu’un alibi, pour se recentrer vers le progrès humain.
Georges SUZAN
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